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| 1er août 1914. Louis, Jacques, Maurice, Armand, Denis, Arsène, Pierre et Jules sont mobilisés. Huit amis, âgés d'une trentaine d'années, issus de la même petite ville et affectés dans le même régiment d'infanterie. Ensemble, ils découvrent les premiers combats, les premiers doutes et les premiers ordres absurdes, point de départ de quatre longues années dont certains reviendront, d'autres non. | 1er août 1914. Louis, Jacques, Maurice, Armand, Denis, Arsène, Pierre et Jules sont mobilisés. Huit amis, âgés d'une trentaine d'années, issus de la même petite ville et affectés dans le même régiment d'infanterie. Ensemble, ils découvrent les premiers combats, les premiers doutes et les premiers ordres absurdes, point de départ de quatre longues années dont certains reviendront, d'autres non. | ||
| - | ** série prometteuse ** | + | Notre choix : |
| On voit évoluer cette bande de copains avec des profils et personnalistés différentes. On découvre la France an 1914, bien loin de soupçonner qu'elle va entrer dans une guerre de 4 ans et aussi bien entendu la réalité de cette guerre. L'arrière avec notamment les épouses sont aussi largement évoqués. Cette histoire met en scène des combattants qui sont pères, époux, croyants, politiques, artistes, pauvres ou riches. | On voit évoluer cette bande de copains avec des profils et personnalistés différentes. On découvre la France an 1914, bien loin de soupçonner qu'elle va entrer dans une guerre de 4 ans et aussi bien entendu la réalité de cette guerre. L'arrière avec notamment les épouses sont aussi largement évoqués. Cette histoire met en scène des combattants qui sont pères, époux, croyants, politiques, artistes, pauvres ou riches. | ||
| - | En découvrant cette série j'ai pensé au film "Voyage au bout de l'enfer" qui raconte l'amitié de trois ouvriers partis combattre au Viêt Nam qui, pour certains, en resteront marqués par des séquelles physiques ou psychologiques. Premier film américain traitant de la guerre du Viêt Nam, du traumatisme et de ses impacts psychologiques. | + | En découvrant cette série nous avons pensé au film "Voyage au bout de l'enfer" qui raconte l'amitié de trois ouvriers partis combattre au Viêt Nam qui, pour certains, resteront marqués par des séquelles physiques ou psychologiques. Premier film américain traitant de la guerre du Viêt Nam, du traumatisme et de ses impacts psychologiques. |
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| [[themes22|★ Lire Thème 2-2]] | [[themes22|★ Lire Thème 2-2]] | ||
| - | On perçoit souvent la société de 1914 comme une société austère, ou la religion et la pudibonderie du XIX siècle règne. Pourtant la littérature avec Zola pour le milieu ouvrier, Marcel Aymé (la jument verte), Gabriel Chevallier (Clochemerle) pour le milieu rural ont déconstruit ce cliché. Ici les auteurs nous montrent une société assez moderne, libre, que les contemporains rebaptiseront après la guerre "la belle époque". | + | On perçoit souvent la société de 1914 comme une société austère, ou la religion et la pudibonderie du XIX siècle règne. Pourtant la littérature avec Zola pour le milieu ouvrier, Marcel Aymé (la jument verte), Gabriel Chevallier (Clochemerle) pour le milieu rural ont déconstruit ce cliché. Dans la bande dessinée notons Servais avec son personnage tendre Violette. |
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| + | Ici les auteurs nous montrent une société assez moderne, libre, que les contemporains rebaptiseront après la guerre "la belle époque". | ||
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| [[themes22|★ Lire Thème 2-2]] | [[themes22|★ Lire Thème 2-2]] | ||
| - | La sempiternelle scène de l'embarquement dans le train pour partir en guerre. On y échappe difficilement dans la BD contemporaine. Elle a le mérite de montrer l'insouciance et la crédulité des foules face à l'avènement de la guerre. 1871 est loin mais on peut se poser la question de savoir si cette naïveté était générale en France, car il y a bien eu des pacifistes qui ont perdu leur leader Jean Jaurès assassiné. | + | La sempiternelle scène de l'embarquement dans le train pour partir en guerre. On y échappe difficilement dans la BD contemporaine. Elle a le mérite de montrer l'insouciance et la crédulité des foules face à l'avènement de la guerre. 1871 est loin mais on peut se poser la question de savoir si cette naïveté était générale en France, car le parti des pacifistes qui ont perdu leur leader Jean Jaurès assassiné, était nombreux. |
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| [[theme61|★ Lire Thème 6-1]] | [[theme61|★ Lire Thème 6-1]] | ||
| - | Il est tout à fait logique que des soldats fraîchement incorporés et confrontés aux tourmentes de la guerre, se posent des questions sur leur condition. Ils identifient rapidement leur hiérarchie et l'ordre général comme les premières sources de menace pour leur intégrité physique, peut-être même avant les allemands. On a le début d'une réflexion politique surtout quand le plus gradé, un notable établi dans le civil, essaie de tempérer leur discours. Cependant si thématique de "la lutte des classes" est proche, elle n'est pas évoquée directement avec toute sa dialectique politique. On retrouve les constats de la thèse de André Loez et Nicolas Mariot de combattants non politisés. | + | Il est tout à fait logique que des soldats fraîchement incorporés et confrontés aux tourmentes de la guerre, se posent des questions sur leur condition. Ils identifient rapidement leur hiérarchie et l'ordre général comme les premières sources de menace pour leur intégrité physique, peut-être même avant les allemands. On a le début d'une réflexion politique surtout quand le plus gradé, un notable établi dans le civil, essaie de tempérer leur discours. Cependant si la thématique de "la lutte des classes" est proche, elle n'est pas évoquée directement avec toute sa dialectique politique. On retrouve les constats de la thèse de André Loez et Nicolas Mariot de combattants non politisés. |
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| [[themes41|★ Lire Thème 4-1]] | [[themes41|★ Lire Thème 4-1]] | ||
| - | Une scène souvent reproduite d'un supérieur menaçant un subordonné avec une arme pour le contraindre d'aller au feu. Cette image est sur représenté dans la bande dessinée et ne correspond à une réalité historique globale. André Loez et Nicolas Mariot relève cependant que dans les premiers temps de la guerre quand l'encadrement de métier était encore majoritaire, ces contraintes par la force ont existé, vite abandonnées par la suite car elle étaient dangereuses aussi pour ceux qui l'appliquaient. | + | Une scène souvent reproduite d'un supérieur menaçant un subordonné avec une arme pour le contraindre d'aller au feu. Cette image est surreprésentée dans la bande dessinée et ne correspond à une réalité historique globale. André Loez et Nicolas Mariot relève cependant que dans les premiers temps de la guerre quand l'encadrement de métier était encore majoritaire, ces contraintes par la force ont existé, vite abandonnées par la suite car elle étaient dangereuses aussi pour ceux qui l'appliquaient. |
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| [[theme52|★ Lire Thème 5-2]] | [[theme52|★ Lire Thème 5-2]] | ||
| - | Comme la Bd récente "Notre mère la guerre", "1914-1918" a le mérite de pointer aussi les délits effectués par la troupe sur le front. Cependant la référence reste dans le politiquement correcte. Nos héros sont innocents du crime dont on les accuse. Pourquoi de brave types qui risquent la mort quotidiennement ne se permettraient-ils pas un petit écart de chaparder quelques litrons de vin chez un civil. Marre un peu de ces personnages lisses et consensuels. | + | Comme la Bd récente "Notre mère la guerre", "1914-1918" a le mérite de pointer aussi les délits effectués par la troupe sur le front. Cependant la référence reste dans le politiquement correcte. Nos héros seraient-ils innocents du vol dont on les accuse ? Pourquoi de braves types qui risquent la mort quotidiennement pour l'intérêt général ne se permettraient-ils pas un petit écart comme chaparder quelques litrons de vin chez un civil. ? Marre un peu de ces personnages lisses et consensuels. |
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| - | [[theme|★ Lire Thème ]] | + | [[theme52|★ Lire Thème 5-2]] |
| - | On retrouve les tentatives de certains combattants pour éviter l'exposition au danger en se blessant ou se mutilant volontairement sur le compte de blessures de guerre. Dans cette histoire on ne sait pas si notre personnage et un dissimulateur ou non. On peut regretter que les auteurs n'abordent pas ce sujet de front, nous plaçant dans l'intimité et la conscience du combattant. les auteurs nous mettent dans la situation de ses camarades qui devront faire un choix pour faire confiance, croire ou non à la sincérité de ce soldat sur sa blessure. | + | On retrouve les tentatives de certains combattants pour éviter l'exposition au danger en se blessant ou se mutilant volontairement sur le compte de blessures de guerre. Dans cette histoire on ne sait pas si notre personnage et un dissimulateur ou non. On peut regretter que les auteurs n'abordent pas ce sujet de front, nous plaçant dans l'intimité et la conscience du combattant. les auteurs nous mettent dans la situation de ses camarades qui devront faire un choix pour faire confiance, croire ou non à la sincérité de leur copain. |
| - | Se blesser volontairement c'était de la triche, abandonner lâchement ses frères d'armes face au danger et au début de la guerre il ne fallait pas attendre de compassion des autorités et de la part de ses camarades. | + | Se blesser volontairement c'était de la triche, abandonner ses frères d'armes face au danger et au début de la guerre il ne fallait pas attendre de compassion des autorités et de la part de ses camarades. |
| [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | ||
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| - | [[theme|★ Lire Thème ]] | + | [[theme81|★ Lire Thème 8-1]] |
| - | Un cas de conscience se pose à ce caporal, on lui impose de sacrifier ses hommes pour faire une diversion devant l'ennemi. Il va refuser dans un premier temps. | + | Un cas de conscience se pose à ce caporal, on lui impose de sacrifier ses hommes pour faire une diversion devant l'ennemi. Il va refuser dans un premier temps pour accepter ensuite. Ici la bande dessinée nous montre des sans grade placés devant des choix, obéir ou refuser des ordres ou pour le moins les contourner. |
| + | Dans les deux écoles d'historiens qui s'opposent, celle du consentement et celle du CRID 14_18, la première défend la thèse des poilus adhérant en toute conscience à l'effort de défense qu'il leur étaient demandé. Leur argumentation s'appuie en effet sur des exemple de cette nature. | ||
| [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | ||
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| - | [[theme|★ Lire Thème ]] | + | [[theme91|★ Lire Thème 9-1]] |
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| + | Le supérieur explique à son caporal les contraintes du commandement. Ordonner c'est faire la synthèse de consignes, de sollicitations et de principes très souvent opposés et contradictoires. On peut dire que celui qui commande obéit lui même à beaucoup de contraintes et d'usages. IL situe l'obéissance non pas dans un principe hiérarchique , relation commandant-commandé mais dans l'adhésion ou non de l'individu à sa fonction et les charges qui lui incombent. | ||
| - | Le supérieur explique à son caporal les contraintes du commandement. Ordonner c'est faire la synthèse de consignes, de sollicitations et de principes très souvent opposés et contradictoires. On peut dire que le commandeur obéit lui même à beaucoup de contraintes. IL situe l'obéissance non pas dans une relation commandeur - commandé mais dans un adhésion ou non de l'individu à sa fonction et les charges qui lui incombent. | + | Là aussi on retrouve l'argumentation de l'école du consentement. |
| [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | ||
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| - | [[theme|★ Lire Thème ]] | + | [[theme121|★ Lire Thème12-1 ]] |
| - | La religion comme réconfort et support pour affronter la réalité. Beaucoup de combattants étaient croyants et priaient dans les tranchées. Peut-on alors désigner la religion comme un asservissement et une incitation à accepter sa condition et à servir la guerre ? Certainement quand elle est instrumentalisée, mais la spiritualité peut aussi servir de bouée pour beaucoup les aidant à survivre dans les horreurs qu'ils traversent. | + | La religion comme réconfort et support pour affronter la réalité. Beaucoup de combattants étaient croyants et priaient dans les tranchées. Peut-on alors désigner la religion comme un asservissement et une incitation à accepter sa condition et à servir la guerre ? Certainement quand elle est instrumentalisée, mais la spiritualité peut aussi servir de bouée de survie, un point d'ancrage pour ne pas perdre pied comme nous le montrent ici les auteurs (aussi dans les albums "la tranchée", "notre mère la guerre") |
| [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] | ||
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| - | [[theme|★ Lire Thème ]] | + | [[theme81|★ Lire Thème 8-1]] |
| La question des crimes d'obéissance est posée. Peut-on s'absoudre des ordres reçus et les exécuter sans en assumer une part de responsabilité. Ici les auteurs débordent la période de 14-18 pour évoquer les problématiques de la Guerre en général. La guerre est intemporelle, celle de 14-18 ne déroge pas à la règle. | La question des crimes d'obéissance est posée. Peut-on s'absoudre des ordres reçus et les exécuter sans en assumer une part de responsabilité. Ici les auteurs débordent la période de 14-18 pour évoquer les problématiques de la Guerre en général. La guerre est intemporelle, celle de 14-18 ne déroge pas à la règle. | ||