Ci-dessous, les différences entre deux révisions de la page.
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synthese03 [2015/10/11 16:01] clemenceau [3On exigeait plus de certains soldats en fonction de leurs origines ...] |
synthese03 [2015/11/30 23:51] (Version actuelle) thierry [La faute au midi page 14] |
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| ===== On exigeait plus de certains soldats en fonction de leurs origines ...===== | ===== On exigeait plus de certains soldats en fonction de leurs origines ...===== | ||
| - | ====31 Bretons, flamands et corses ont été sacrifiés, Les troupes africaines, chair à canon ==== | + | ====1 Bretons, flamands et corses ont été sacrifiés, Les troupes africaines, chair à canon ==== |
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| Il existe une opinion qui veut que les soldats originaires de certaines régions aient été sacrifiés à la guerre, plus que d’autres. Les flamands en Belgique et les bretons et les corses en France. Cette croyance s’appuie la conviction que ces régions étaient victimes de préjugés, considérées comme sous développées, sous l’emprise de la religion et des superstitions. Leurs soldats étant de fait plus serviles et obéissants. Cette croyance participe aujourd’hui encore aux sentiments identitaires régionalistes. Pourtant les chiffres des tués à la guerre ne distinguent aucune région. Le principe de l’unité nationale en vigueur en 1914_1918 de mobiliser toutes les énergies de la nation a bien été respecté sur ce plan. | Il existe une opinion qui veut que les soldats originaires de certaines régions aient été sacrifiés à la guerre, plus que d’autres. Les flamands en Belgique et les bretons et les corses en France. Cette croyance s’appuie la conviction que ces régions étaient victimes de préjugés, considérées comme sous développées, sous l’emprise de la religion et des superstitions. Leurs soldats étant de fait plus serviles et obéissants. Cette croyance participe aujourd’hui encore aux sentiments identitaires régionalistes. Pourtant les chiffres des tués à la guerre ne distinguent aucune région. Le principe de l’unité nationale en vigueur en 1914_1918 de mobiliser toutes les énergies de la nation a bien été respecté sur ce plan. | ||
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| On aurait sacrifié les noirs à la place de blancs dans les tranchées. Les années passent et les poncifs et les clichés n’en finissent pas de s’amonceler. Cette croyance a été alimentée par une littérature militaire, aussi par la propagande allemande. Connaissant aujourd'hui la soumission des peuples africains aux empires coloniaux britannique et français, et avec le filtre des luttes d’émancipations de peuples au XX siècle, on peut être enclin à adhérer à ce préjugé, persuadé que ces soldats étaient corvéables, déconsidérés et sans défense face aux exigences des états major. | On aurait sacrifié les noirs à la place de blancs dans les tranchées. Les années passent et les poncifs et les clichés n’en finissent pas de s’amonceler. Cette croyance a été alimentée par une littérature militaire, aussi par la propagande allemande. Connaissant aujourd'hui la soumission des peuples africains aux empires coloniaux britannique et français, et avec le filtre des luttes d’émancipations de peuples au XX siècle, on peut être enclin à adhérer à ce préjugé, persuadé que ces soldats étaient corvéables, déconsidérés et sans défense face aux exigences des états major. | ||
| Et pourtant, ces idées ne sont aucunement attestées par les chiffres ni par l’ambiance de sortie de guerre. Les pertes des troupes noires sont plutôt inférieures sur l’ensemble de la guerre. De plus l’analyse montre que les tirailleurs sénégalais sont au moins autant atteints par les maladies pulmonaires que par les balles. Des mesures protectrices ont été prises dès 1915 en faveur des africains qui souffraient durement du froid. Ils étaient expédiés dans des camps d’hivernage. Il n’y a jamais eu de consignes et directives pour favoriser le recours aux troupes noires afin d’économiser le sang blanc. Beaucoup de tirailleurs ont vécu le premier conflit mondial avec un sentiment de fraternité réelle envers les soldats métropolitains. | Et pourtant, ces idées ne sont aucunement attestées par les chiffres ni par l’ambiance de sortie de guerre. Les pertes des troupes noires sont plutôt inférieures sur l’ensemble de la guerre. De plus l’analyse montre que les tirailleurs sénégalais sont au moins autant atteints par les maladies pulmonaires que par les balles. Des mesures protectrices ont été prises dès 1915 en faveur des africains qui souffraient durement du froid. Ils étaient expédiés dans des camps d’hivernage. Il n’y a jamais eu de consignes et directives pour favoriser le recours aux troupes noires afin d’économiser le sang blanc. Beaucoup de tirailleurs ont vécu le premier conflit mondial avec un sentiment de fraternité réelle envers les soldats métropolitains. | ||
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| Force est de reconnaître que la bande dessinée ne verse pas dans ce cliché. Même le cas des troupes indigènes est abordé avec un souci de la réalité historique. | Force est de reconnaître que la bande dessinée ne verse pas dans ce cliché. Même le cas des troupes indigènes est abordé avec un souci de la réalité historique. | ||
| - | L'album l'homme de l'année 1917 nous montre bien pendant la guerre l'évolution des mentalités dans les personnages principaux, l'ancien maître et l'ancien colonisé. | + | Ainsi l'album l'homme de l'année 1917 nous montre l'évolution des mentalités pendant le conflit chez ses personnages principaux, l'ancien maître et l'ancien colonisé. |
| - | La bande dessinée contribue participe ainsi à une meilleure compréhension de ce conflit. Il s'agissait bien de sociétés évoluées, dites "civilisées" et démocratiques pour le camp des alliés qui ont fait ces choix de la violence et de la guerre. | + | La bande dessinée participe ainsi à une meilleure compréhension de ce conflit. Il s'agissait bien de sociétés évoluées, dites "civilisées" et démocratiques pour le camp des alliés, qui ont fait ces choix de la violence et de la guerre. |
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| ====La grippe coloniale volume 2 page 34==== | ====La grippe coloniale volume 2 page 34==== | ||
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| - | Dans la réalité historique, ce qui n'est pas explicité dans cette bande dessinée c'est que les troupes noires n'ont pas fait l'objet de traitements spécifiques de la part du haut commandement militaire sauf pendant les mois d'hiver où elles étaient cantonnées à l'arrière pour les préserver du froid qu'elles supportaient très mal. | + | Dans la réalité historique, ce qui n'est pas explicité dans cette bande dessinée c'est que les troupes noires n'ont pas fait l'objet de traitements spécifiques de la part du haut commandement militaire. Bien au contraire, elles ont fait l'objet de préventions contre le froid. |
| - | **Dans la bandes dessinées les auteurs portent un regard sur les troupes coloniales à travers le filtre de l'histoire du XX siècle qui porte les luttes d'indépendance des pays africains et les luttes contre le racisme.** | + | Dans les bandes dessinées leurs auteurs portent souvent un regard sur les troupes coloniales de la grande guerre à travers le filtre de l'histoire du XX siècle, siècle qui porte les luttes d'indépendance des pays africains et les luttes contre le racisme. |
| ==== L'homme de l'année 1917 page 64==== | ==== L'homme de l'année 1917 page 64==== | ||
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| + | La stigmatisation des méridionaux n'est pas présente dans les bandes dessinées. Un album "La faute au midi" y est cependant consacré entièrement pour réhabiliter les accusations liées aux premières défaites de la guerre. | ||
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| + | Ce préjugé bien ancré dans la société de 1914 mériterait plus d'intérêt de la part de la bd et de la littérature. Il fait écho à bien des préjugés de l'époque actuelle. | ||
| + | Il serait intéressant et important de montrer comment une injustice peut s'installer dans la durée avec la complicité ou la passivité du plus grand nombre. La suite logique peut s'illustrer avec l'avènement du nazisme et du deuxième conflit mondial. | ||
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| + | L'album "La faute au midi" nous montre bien comment les mécanismes et les contre pouvoirs de la démocratie française ont joué pour réhabiliter les méridionaux. | ||
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| ====La faute au midi page 14==== | ====La faute au midi page 14==== | ||
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| - | Le thème du bouc émissaire. On voit trés bien ici que les soldats méridionnaux sont victimes de la duplicité de Foch qui cherche à expliquer sa défaite par une défaillance des troupes. Cependant l'auteur nous montre qu'il ne s'agit pas d'une stratégie ou d'un calcul prémédité mais bien d'une opportunité pour fuir ses responsabilités. Il n'y a pas à la base une volonté délibérée de l'institution militaire de traiter différemment les troupes en fonction de leurs origines. | + | Le thème du bouc émissaire. On voit très bien ici que les soldats méridionaux sont victimes de la duplicité de Foch qui cherche à expliquer sa défaite par une défaillance des troupes. Cependant l'auteur nous montre qu'il ne s'agit pas d'une stratégie ou d'un calcul prémédité mais bien d'une opportunité pour fuir ses responsabilités. Il n'y a pas à la base une volonté délibérée de l'institution militaire de traiter différemment les troupes en fonction de leurs origines. |
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| - | Dans la société de 1914 les méridionaux étaient victimes de préjugés véhiculés par les journaux et la littérature. Ces préjugés ont-ils disparus aujourd'hui :?: | + | Dans la société de 1914 les méridionaux étaient victimes de préjugés véhiculés par les journaux et la littérature. Ces préjugés se sont retrouvés dans les comportements de certains combattants. |