Ci-dessous, les différences entre deux révisions de la page.
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synthese04 [2015/10/28 13:42] clemenceau [42 Les officiers de terrain exigeaient l’obéissance sans contrepartie envers leurs subalternes] |
synthese04 [2015/12/01 08:33] (Version actuelle) clemenceau |
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| - | ==== On a Forcé l'obéissance ==== | + | ====== On a Forcé l'obéissance ====== |
| - | ====1 Les officiers avaient le droit de tirer sur leurs hommes qui contrevenaient à leurs ordres pendant la bataille==== | + | =====1 Les officiers avaient le droit de tirer sur leurs hommes qui contrevenaient à leurs ordres pendant la bataille===== |
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| L'auteur donne justement quelque pages plus loin (image 2) les conséquences pour ceux qui usaient de la menace envers leurs hommes pour se faire obéir. Ils risquaient de faire rapidement l'objet de règlement de compte... | L'auteur donne justement quelque pages plus loin (image 2) les conséquences pour ceux qui usaient de la menace envers leurs hommes pour se faire obéir. Ils risquaient de faire rapidement l'objet de règlement de compte... | ||
| - | ====42 Les officiers de terrain exigeaient l’obéissance sans contrepartie envers leurs subalternes==== | + | =====2 Les officiers de terrain exigeaient l’obéissance sans contrepartie envers leurs subalternes===== |
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| - | Ici Jacques Tardy met en scène son antimilitarisme. Montrer des officiers qui abusent de leur autorité alimente le cliché d'un encadrement arbitraire. Les 8 millions d'hommes mobilisés pendant la grande guerre n'auraient pas pu être dirigés avec de tels comportements de la part de leurs cadres. | + | Ici Jacques Tardi met en scène son antimilitarisme. Montrer des officiers qui abusent de leur autorité alimente le cliché d'un encadrement arbitraire. Les 8 millions d'hommes mobilisés pendant la grande guerre n'auraient pas pu être dirigés avec de tels comportements de la part de leurs cadres. |
| - | Cependant l'intention de Tardy est d'abord de nous raconter une histoire. De fait ce chef est un ancien copain de classe de Brindavoine. Il utilise son autorité pour régler un compte avec le témoin de son passé, un passé certainement en décalage avec la position qu'il occupe aujourd'hui dans l'armée. Tardy entend dénoncer ici la guerre qui donne des opportunités exercices du pouvoir à certains incompétentes. | + | Cependant l'intention de Tardi est d'abord de nous raconter une histoire. De fait ce chef est un ancien copain de classe de Brindavoine. Il utilise son autorité pour régler un compte avec le témoin de son passé, un passé certainement en décalage avec la position qu'il occupe aujourd'hui dans l'armée. Tardi entend dénoncer ici la guerre qui donne des opportunités exercices du pouvoir à certains incompétentes. |
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| - | ====Obeir page 7==== | + | ====Obéissance page 7==== |
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| Ici ce n'est donc pas l'abus d'autorité qui est reproché au supérieur, mais son indécision, sa faculté à se défiler de ses responsabilités. | Ici ce n'est donc pas l'abus d'autorité qui est reproché au supérieur, mais son indécision, sa faculté à se défiler de ses responsabilités. | ||
| - | ====Obéir page 12==== | + | ====Obéissance page 12==== |
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| //Dans la description de états de service de Verbrugge , on note que l'armée surveillait de très prés le passé des combattants et particulièrement des officiers. Les hommes engagés sur le plan social ou politique étaient suspects. Fort de l'expérience russe, les militaires avaient peur de tous les activistes qui auraient pu influencer la troupe.// | //Dans la description de états de service de Verbrugge , on note que l'armée surveillait de très prés le passé des combattants et particulièrement des officiers. Les hommes engagés sur le plan social ou politique étaient suspects. Fort de l'expérience russe, les militaires avaient peur de tous les activistes qui auraient pu influencer la troupe.// | ||
| - | ====Obéir page 18==== | + | ====Obéissance page 18==== |
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| - | Ici il s'agit d'humiliation. L'officier déploie une stratégie d'oppression et de terreur pour se faire obéir de ses hommes. Il refuse justement toute contrepartie dans sa relation à ses subordonnés. | + | Ici il s'agit d'humiliation. L'officier déploie une stratégie d'oppression et de terreur pour se faire obéir de ses hommes. C'est une relation hiérarchique établit sur l'oppression. |
| - | ==== Un après midi d'été page 68==== | + | ====Notre mère la guerre page 204==== |
| - | {{ :pictures:unapresmididete68.jpg?800 |}} | + | {{ :pictures:notremerelaguerre204.jpg?nolink&900 |}} |
| + | Scène intéressante où un officier missionne un caporal expérimenté pour prendre en charge un groupe de nouvelles recrues. Il le responsabilise en l'impliquant directement dans l'objectif recherché : quelque soit le moyen, faire de ces jeunes gens des combattants. Des jeunes garçons qui vont entièrement dépendre de lui et de sa capacité à les encadrer. L'officier offre ainsi à son caporal une valorisation, un sens et une reconnaissance à la mission qu'il lui assigne en lui accordant aussi une grande autonomie. | ||
| - | L'auteur nous montre ici les limites de l'oppression dans le commandement. | ||
| - | Quand on abusait de son autorité dans les tranchées, on risquait de faire l'objet de représailles de la part de ses subordonnées. C'est pourquoi les abus d'autorité souvent constatés à l'exercice avec de jeunes recrus sont beaucoup moins courants au front avec des hommes de troupes aguerris. | ||
| ====La grippe coloniale volume 1 page 7==== | ====La grippe coloniale volume 1 page 7==== | ||
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| - | Ici le cas des mobilisés des provinces annexées (Italie du nord) est évoqué. Les Alsaciens mais aussi les combattants d'origine de pays neutres (L'espagnol de Mattéo de Jean-Pierre Gibrat) étaient victimes de suspicions de la part de leurs camarades. Si ce gradé antipathique s'en prend aux origines d'un soldat c'est qu'il sait qu'il va réveiller chez ses hommes de la xénophobie et de l'animosité à l'encontre du soldat. C'est une façon d'assoir son autorité en semant la division parmi ses hommes. | + | Ici le cas des mobilisés des provinces annexées (Italie du nord) est évoqué. Les Alsaciens mais aussi les combattants d'origine de pays neutres (L'espagnol de Mattéo de Jean-Pierre Gibrat) étaient victimes de suspicions de la part de leurs camarades. Si ce gradé antipathique s'en prend aux origines d'un soldat c'est qu'il sait qu'il va réveiller chez ses hommes de la xénophobie et de l'animosité à l'encontre du soldat. C'est une façon d’asseoir son autorité en semant la division parmi ses hommes. |
| Peut-être aussi de montrer à cette nouvelle recrue son pouvoir de nuisance qu'il pourra ensuite monnayer comme une contrepartie à son autorité. | Peut-être aussi de montrer à cette nouvelle recrue son pouvoir de nuisance qu'il pourra ensuite monnayer comme une contrepartie à son autorité. | ||
| Même si l'encadrement de premier niveau était le plus souvent des réservistes proches de leurs hommes pendant la grande guerre, les scénarios de BD comme toutes les bonnes histoires ont leurs méchants qui ont du pouvoir sur le héros. | Même si l'encadrement de premier niveau était le plus souvent des réservistes proches de leurs hommes pendant la grande guerre, les scénarios de BD comme toutes les bonnes histoires ont leurs méchants qui ont du pouvoir sur le héros. | ||
| - | Citons entre autres la Série 14-18, Le sang des valentines, Mattéo... A l'inverse d'autres prennent le contrepied de ce cliché, nous pensons particulièrement à l'album les Godillots. | + | Citons entre autres la Série 14-18, Le sang des valentines, Mattéo... A l'inverse d'autres prennent le contre pied de ce cliché, nous pensons particulièrement à l'album les Godillots. |
| - | Les scénaristes nous renvoient à notre propre vécu. Qui n'a jamais été confronté à un petit chef imbu de ses prérogatives ? Is savent ainsi que le procédé d'identification au héros fonctionnera mieux ou pour le moins qu'ils attireront notre compassion sur leur personnage. | + | Les scénaristes nous renvoient à notre propre vécu. Qui n'a jamais été confronté à un petit chef imbu de ses prérogatives ? Ils savent ainsi que le procédé d'identification au héros fonctionnera mieux ou pour le moins qu'ils attireront notre compassion sur leur personnage. |
| - | ====43 On a fusillé à tour de bras==== | + | |
| + | ====Obéissance page 53==== | ||
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| + | En échange de l'implication du commandant Boucharon dans leur mission délicate, le général lui donne un "tuyau" pour obtenir des avantages d'avancement de carrière. Subordonné et Supérieur doivent cohabiter. ils instaurent des règles donnant / donnant qui respectent les intérêts des deux parties. Nous découvrons donc ici l'existence possible de contreparties en échange de l'obéissance. | ||
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| + | =====3 On a fusillé à tour de bras===== | ||
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| + | Longtemps passées sous silence, les exécutions de mutins sont devenus un sujet à la mode. Popularisées par le cinéma et la BD, le fusillé apparaît comme la victime d’une injustice. Pourtant les cas sont rares. Les études aujourd'hui évoquent 740 soldats fusillés dans l’armée française (sur 1 400 000 tués à la guerre soit 0.05 %). Parmi ces 740 condamnés il y avait des criminels, de vrais espions, des fuyards avérés. Les exécutions arbitraires ne représentent qu’une poignée d’hommes. | ||
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| + | Les autres armées ont pratiqué les exécutions. Une spécificité de l'armée allemande qui aurait très peu fusillé. Le magasine Guerre et Histoire numéro 26 explique que pour les allemands le début de la guerre s'est plutôt bien passé (1914-1915). Les français moins bien préparés et en difficulté ont exercé des mesures coercitives pendant cette période. Ensuite Ludendorff a fait en sorte que ses offensives soient comprises de tous (obtenir la paix). Quand l'armée allemande craque en 1918 les généraux allemand choisissent une sortie politique du conflit. On notera certains historiens non convaincus remettent en cause le comptage des fusillés de l'armée allemande. | ||
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| - | [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] [[theme51|{{ :wiki:droite.png?nolink&40|}}]] | ||
| - | Longtemps passes sous silence, les exécutions de mutins sont devenus un sujet à la mode. Popularisées par le cinéma et la BD, le fusillé apparaît comme la victime d’une injustice. Pourtant les cas sont rares. Les études aujourd'hui évoquent 740 soldats fusillés dans l’armée française (sur 1 400 000 tués à la guerre soit 0.05 %). Parmi ces 740 condamnés il y avait des criminels, de vrais espions, des fuyards avérés. Les exécutions arbitraires ne représentent qu’une poignée d’hommes. | ||
| - | Les autres armées ont pratiqué les exécutions. Une spécificité de l'armée allemande qui aurait très peu fusillé. magasine Guerre et Histoire. Le magasine Guerre et Histoire numéro 26 explique que pour les allemands le début de la guerre s'est plutôt bien passé (1914-1915). Les français moins bien préparés et en difficulté ont exercé des mesures coercitives pendant cette période). Ensuite Ludendorff a fait en sorte que ses offensives soient comprises de tous (obtenir la paix). Quand l'armée allemande craque en 1918 les généraux allemand choisissent une sortie politique du conflit. On notera certains historiens non convaincus remettent en cause le comptage des fusillés de l'armée allemande. | ||
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| - | La notion de contrepartie est liée à la relation commandeur-commandé. Nous avons découvert au fil de nos lectures que certaines bandes dessinées traitent assez bien de ce contrat implicite qui s'établit entre les acteurs. En échange de l'obéissance le commandé bénéficie d'un retour qui peut correspondre à un besoin de reconnaissance, un statut, une écoute, de l'affection voire une punition ... Chaque personnage a ses propres motivations, ses ressorts, son histoire. La BD contemporaine a dépassé l'antimilitarisme post soixante huitard avec ses héros rebelles souvent anachroniques pour mettre en scène des individus différents plus représentatifs de la société de 1914. | ||
| - | Quand il n'y a pas de contrepartie dans les ordres, l'équilibre est rompu dans la relation avec la confiance entre commandeurs et commandés. Nous voyons alors des personnes en souffrance qui parfois se retournent contre leur oppresseur. De fait on ne peut expliquer sur le plan historique une société traversant de telles épreuves fonctionnant uniquement sur des relations de contraintes. | + | Les scènes d'exécutions sont largement reprises dans la bande dessinée. la moitié des albums de notre sélection en comportent. Comment l'expliquer alors que les exécutions arbitraires n'ont représenté qu’une poignée d’hommes en France sur toute la guerre ? |
| + | les auteurs de BD nous racontent avant tout des histoires. Il faut émouvoir, capter l'attention, créer du suspens et pourquoi pas "faire pleurer dans les chaumières" ... | ||
| + | Certains le déploreront dans la mesure où ces scènes nous transmettent une histoire transformée. La société de 1914 nous apparaissant à tort comme barbare et de fait très éloignée de notre époque contemporaine. | ||
| + | D'autres se réjouissent que ces réalités soient connues de tous aujourd'hui notamment par le travail de Jacques Tardi, de Pat Mills pour l'armée britannique ou de Jean-Yves Le Naour dans son album "la faute au midi" | ||
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| - | Une scène d'exécution très esthétique. 4 bandes alternant plans rapprochés et vues d'ensemble.Ces scènes de fusillés sont très fréquente dans la BD. Elles sont surreprésentées par rapport à la réalité des faits, elles font chambre d'écho au ressenti et à l'émotion de la population française par rapport à ces exécutions depuis la guerre. | + | Une scène d'exécution très esthétique. 4 bandes alternant plans rapprochés et vues d'ensemble. Cette scène (comme beaucoup d'autres sur les exécutions) fait chambre d'écho au ressenti et à l'émotion de la population française depuis la guerre sur ce sujet. |
| - | ==== page 59a==== | + | ==== Putain de guerre page 59==== |
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| - | [[themes43|★ Lire Thème 43]] | ||
| - | Si les scènes d’exécutions sont très présentes dans la Bande Dessinée contemporaine, elles font écho à l’émotion qu’elles ont suscitée dans la population de l’aprés guerre jusqu’à nos jours. Rappelons que le nombre fusillés sur toute la guerre représente une part infinitésimale du nombre de morts à la guerre (0.003%). Ces condamnations à mort portaient aussi sur des délits criminels (meurtres, viols …) | + | Tardi rend compte ici de la mise en scène de ces exécutions tout comme l’album « Notre mère la guerre » où l’on voit un régiment que l’on oblige à défiler devant la dépouille de l’exécuté. Ces démonstrations de force étaient destinées à marquer les esprits avec succès semble t-il. |
| - | Tardy rend compte ici de la mise en scène de ces exécutions tout comme l’album « Notre mère la guerre » où l’on voit un régiment que l’on oblige à défiler devant la dépouille de l’exécuté. Ces démonstrations de force étaient destinées à marquer les esprits avec succès semble t-il. | + | |
| + | Encore ne fallait-il pas en abuser. On se doute que cette politique de la terreur (effrayer les soldats par la punition qui les attendait en cas d'insoumission) aurait pu facilement se retourner contre les autorités. | ||
| - | Ici encore on constate dans les techniques pour faire obéir, l'importance du visuel, du rituel répété et martelé, l'usage systématique du symbolique et de la force pour enfermer les foules dans une démarche de soumission. | ||