====1-1 En 1914 la hiérarchie militaire française exerce son autorité comme en 1871 avec une guerre de retard==== [[lesthemes|{{ :wiki:haut.png?nolink&40|}}]] [[theme12|{{ :wiki:droite.png?nolink&40|}}]] Depuis 1871 l’armée est devenue nationale, agent de discipline sociale. Elle doit désormais encadrer, instruire, éduquer et transformer en soldats cette foule d’individus, citoyens sous l’uniforme, confiée à elle par la conscription, et ainsi insuffler la force physique et psychologique capable d’accroître leur rendement social, civil comme militaire. Depuis quelques décennies déjà les militaires français se sont posés la question de comment organiser et commander cette masse d’individus pour former une armée solidaire et disciplinée ? Comment concilier autorité militaire et valeurs démocratiques ? ==La psychologie sociale== Certains officiers se sont tournés vers une science en construction : la psychologie sociale. Le docteur Le Bon avec sa célèbre psychologie des foules (1895) leur fournit de nouvelles pistes de réflexion. Charles Lebon analyse et codifie le comportement des individus en groupe. Entre autres la suggestibilité est l’aptitude de l’individu en foule à réagir spontanément aux suggestions, c'est-à-dire à obéir aux signaux émis par l’objet de fascination, sans participation active de sa volonté. Lebon met en avant l’efficacité de certains procédés pour prendre le pouvoir sur un groupe. La répétition, l’affirmation, la concision (pour ne pas dire la simplification) l’impressionnabilité avec le recours à des images fortes. Ainsi la chose répétée, reproduite en boucle finit pas s’incruster dans l’inconscient et font naître de manière effective l’obéissance et le respect. ==L’effet de groupe récupéré par les militaires== Selon les théories de Charles Lebon l’individu en foule, oubliant son intérêt personnel, peut également développer de façon transitoire et inconsciente des qualités d’abnégation, de sacrifice. Le chef intervient alors sur l’inconscient individuel de ses hommes pour obtenir du groupe un comportement collectif Cette théorie est récente en 1914, car les élites se méfient des foules depuis les événements révolutionnaires. ==Inculquer des réflexes pour que le groupe se transforme en troupe== Charles Le Bon disait ; « pour convaincre les foules, il faut d’abord se rendre bien compte des sentiments dont elles sont animées, feindre de les partager, puis tenter de les modifier » Pour exercer son ascendant sur la troupe, le chef comme le meneur (syndicaliste, agitateur, politicien) dispose des mêmes procédés : Graver dans l’âme de chaque troupier un certain nombre d’axiomes fondamentaux et indispensables qui par répétition finiront par passer dans l’inconscient. Faire des jeunes conscrits une foule homogène pourvus de réflexes (répétitions de manœuvres ---- Sur ces aspects la première guerre mondiale est le premier conflit ‘moderne’ d’envergure impliquant des démocraties. L’évolution est très nette depuis le dernier conflit 1871 ou l’armée impériale de Napoléon III avait était défaite par les prussiens. Si l'armée française est en retard sur le plan de l'équipement, son commandement est opérationnel en 1914.