Les généraux alliés et leurs homologues allemands ont commis bien des erreurs, dont la principale fut de promouvoir la stratégie de l'attaque à outrance. Ces erreurs ont coûté bien des vies et des souffrance inutiles. Les combattants hommes de troupes et officiers ont partagé leurs doutes et leurs désarroi dans leur journaux personnels ou dans leurs correspondances. Mais si la troupe grogne, elle ne s'en prend pas ouvertement à la hiérarchie. Même en 1917 lors des grandes mutineries, les slogans ne sont pas tournés contre les chefs mais expriment des revendications sur la condition des combattants. C'est aujourd'hui une interrogation, devant des échecs répétés et dramatiques, la légitimité du haut commandement n'a pas été remise en cause par les combattants. La mise à l'écart du général Nivelle est intervenue sous la pression politique qu'après les hécatombes (150 000 victimes) du Chemin des Dames.
En Allemagne c'est seulement quand la guerre est perdue que le commandement va perdre sa légitimité. Des troubles politiques et sociaux importants éclatent en 1918 en Allemagne. L'empereur Guillaume II abdique. Pour expliquer la défaite se développe alors le mythe d'une armée allemande trahie par son commandement . Thème qui sera largement repris par la propagande nazie et Hitler lui-même.