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Le 11 novembre 1918, trois heures avant que ne sonne le clairon de l’armistice, un homme est tué. Il est le dernier mort de la guerre. Ressuscité par la Faucheuse, Simon Virjusse revient parmi les hommes neuf mois avant son décès. La mort demande entre temps au président français d’arrêter les hostilités jusqu'au jour J car les âmes des poilus, elle n’en a que trop. Quant aux citoyens, guéris de cette «sale guerre», ils veilleront à ce que Virjusse, le héros en suspens, s’engage à mourir symboliquement pour la France le 11 novembre, comme prévu.
Du fantastique très philosophique sans intention historique, et pourtant ….
La désobéissance pendant la première guerre mondiale a relevé du domaine personnel plus que du collectif. Ici Dumontheuil débute son histoire en nous présentant son personnage principal comme un troupier de base qui emploie des petites stratégies pour se préserver d'autant plus qu'on est à 2 heures de la fin de la guerre.
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Le citoyen soldat ne s’appartient pas, il doit tout donner aux autres et à la patrie. Le psychisme du soldat est alors inséré dans un système de valeurs qui lui impose une conduite, un comportement auxquels il ne peut déroger sans culpabiliser ou abandonner de son estime de soi. « Désobéir s’est trahir la patrie , sa famille et ses camarades » Le discours militaire a su insérer dans la psychologie du combattant, le jeu complexe des regards des autres. Celui du chef mais aussi ceux des alter ego-soldats et celui que l’on porte sur soi.
Le soldat Virjusse est ici complètement prisonnier des attentes de sa hiérarchie. Il fait ce que l'on lui demande sans être convaincu, il préfèrait sans doute ne pas être impliqué, il n'est pas rassuré.
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Il y a beaucoup d'humour dans cette scène où le soldat Virjusse est dépassé par la situation, héros malgré lui. Ici c'est la famille, les voisins , l'homme de la rue qui l'adulent. En même temps on trouvera un coté tragique dans la situation de ce soldat. Il ne s'appartient plus, il doit faire face à toutes les attentes de la société, y compris celle de ses proches, il est prisonnier du rôle qui lui a été assigné.
Dumontheuil nous a confirmé ne pas avoir eu d'objectif historique dans cette bande dessinée, pourtant il tape juste sur ce point. Le combattant de 1914 appartenait à une société qui lui donnait un statut avec beaucoup de contraintes.
(voir début de Mattéo, où le héros non encore combattant doit faire face aux reproches à peine déguisés de sa fiancée)
Le héros à la page 59 décide enfin de recouvrir son libre arbitre. Il se rebelle mais il est trop tard, il est prisonnier au sens figuré comme au sens propre. Condamné à obéir …