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★ Album avec une faible adhérence au thème de l'obéissance et de la désobéissance

★★ Album traitant ce thème de l'obéissance et de la désobéissance

★★★ Album traitant fortement de ce thème de l'obéissance et de la désobéissance

★★★★ Album dont la thématique tourne entièrement autour de ce thème de l'obéissance et de la désobéissance

Adieu Brindavoine tome 1 ★★

de Jacques Tardi

Grâce à certains “flash-back” durant son délire sur le front, nous avons une connaissance parfaite et un historique complet de ce type, le sieur Brindavoine. Il est le personnage le plus proche de Tardi. Bonne conscience de gauche, pacifiste, non violent… c'est un “soixante-huitard attardé” (ou en avance) prit dans la tourmente de la première guerre mondiale. Tout n'est bien sûr que clichés, mais clichés bien vus par un Tardi un peu jeune, dans le génie de la lignée des Adèle Blanc-Sec.

notre choix :

On aura compris, Tardi dénonce avant tout “La guerre” avec le souci de certaines réalités historiques. Il ne fait pas la promotion de la désobéissance mais agit en amont au niveau de la prise de conscience. Pour beaucoup d'auteurs de BD la désobéissance commence par l'éducation, la dénonciation du discours officiel qui donne une image tronquée et souvent fausse de la guerre. Nous avons choisi ce livre car il est emblématique d'un courant de pensée qui revisite notre histoire avec le point de vue des petits, des sans grades premières victimes des événements.


L'Obéissance ★★★★

de François Bourgeron

En pleine guerre des tranchées, une escorte militaire conduit le bourreau de Paris et sa guillotine jusqu'en Belgique, pour les besoins d'une exécution. Une adaptation en BD d'un roman philosophiquement brillant.

A travers ce one-shot, François Bourgeron adapte de belle manière (en évitant de retranscrire littéralement) un roman brillantissîme de François Sureau, ancien énarque. Le titre, a priori, et le propos, a posteriori, nous donnent à réfléchir sur le sens et le poids de «l'obéissance ». En effet, la quasi-totalité des prévenus, au lendemain des conflits armés, ne montrent aucun scrupule devant leurs juges : ils sont au contraire fiers de leur discipline. Peut-on donc s'enorgueillir de s'être réfugiés derrière l'ordre et le devoir ? Est-ce se mentir que de nier la moindre once de responsabilité ? Dans cette histoire un peu dingue de bourreau à convoyer (d'un pays à l'autre, en passant par l'occupation d'un troisième), l'absurdité de la guerre et de la peine de mort se rejoignent. Dans le déroulé des événements, cette mission confine même à une situation absurde paroxystique : au beau milieu d'une des pires confrontations guerrières de l'Histoire, un gouvernement envoie 7 hommes, au péril de leur vie, procéder à l'exécution d'un condamné de leurs rangs, avec la complicité de l'ennemi ! Dans la lignée de ce synopsis, on grimpe progressivement dans le kafkaïen : entre le bourreau des belges qui existe pour des prunes, le bourreau des français pleutre et cocu, et le condamné qui trépigne presque d'être exécuté, c'est à un voyage au bout de l'absurde que nous convie François Sureau. En tous cas, en marge d'une réflexion sur l'obéissance, cette histoire est divinement écrite et dialoguée. On touche sans doute ici à la quintessence de la conscience politique, du point de vue de la philosophie. Ou lorsque la machine administrative, l'appareil d'état, dans ce qu'ils ont de plus primaire, s'opposent à l'humanisme (ou à la morale) le plus élémentaire. On devine l'adaptation malaisée, car l'histoire morcelle les points de vue de moult protagonistes, des héros quasiment tous froids et méprisables, de par leur absence totale d'humanité. Mais en prime de l'excellent choix de l'oeuvre, Bourgeron trouve la juste mise en scène, et applique sa ligne graphique moderne et très personnelle (voir Aziyadé), rehaussée par la colorisation austère de Claire Champion. Le one-shot peut paraître difficile d'accès, mais il est plein de sens.

Notre choix : Toute l'histoire porte ce thème de l'obéissance. Nous avons relevé 2 points dans cet album. Tout d'abord, une situation des plus absurde, avec des ordres dépourvus de sens. Cette situation parle au lecteur, nous avons tous été confrontés à des consignes ou des ordres que nous jugions inefficaces, inadaptés voir incohérents avec les buts recherchés.

Ensuite dans cette histoire, les protagonistes ne sont pas enfermés dans des contraintes. A plusieurs moments ils ont la possibilité d'interpréter les ordres et même de se défiler, pourtant ils jouent le jeu de l'absurde et obtempèrent. Chaque personnage porte ses motivations et nous livre un regard différent sur l'obéissance.

Principaux personnages qui déclinent différentes motivations pour obéir.

L'obéissance comme un refuge.Le capitaine Loth - Suite à un accident d'avion, il ne peut plus voler et il perdu sa vocation. Ce personnage est une gueule cassée au sens propre comme au sens figuré. Remplir une mission, être utile est un pis aller à son mal être. Il peut encore exister et ne pas se perdre complètement en se réfugiant dans son devoir et dans l'obéissance.

L'obéissance par faiblesse.Le bourreau Deibler - Cocu, faible, lâche Deibler aurait pu se défiler devant cette mission. Aucune obligation ne le tenait. Il s'est laissé convaincre par sa femme sensible aux 'flatteries' des autorités militaires.

L'obéissance en échange du confort.Les hommes de troupes - Ils sont conscients des dangers encourus mais ils apprécient leur rôle qui les expose moins qu'en première ligne. Ils tirent quelques avantages de leur condition militaire notamment auprès des femmes. Dans cette histoire ils ont abandonné toute responsabilité aux officiers et apprécient d'être uniquement des exécutants.

L'obéissance pour se défiler. Le commandant Boucharon - Officier carriériste il sait ne pas avoir l'étoffe d'un chef et essaie de minimiser au maximum son implication.

L'obéissance comme un défi en quête de sens. Lieutenant Verbrugge (le héros) - personnage complexe. Issu d'une bonne famille, éduqué et intelligent. L'épreuve des combats et ses blessures l'ont rendu blasé. Il prend beaucoup de recul par rapport aux ordres et à ses missions. Engagé volontaire certainement pour l'aventure (peut-être à l'origine en quête de sens à sa vie oisive) il est maintenant dépassé par l'absurdité de cette guerre. Il s'implique personnellement dans la réussite de sa mission, son aboutissement lui devient de plus en plus vital que l'absurdité de l'objectif croît au fil de l'histoire.


Le sang des Valentines ★

de Christian De Metter & CATEL

Tout commence le 12 novembre 1918, des soldats français prisonniers apprennent que la guerre est finie et font des projets sur leur retour chez eux. le héros fait un détour par Paris pour honorer une promesse faite à l'un de ses camarades mort au combat et rentre dans son village des Pyrénées où il pense retrouver sa femme qui lui envoyait de très belles lettres d'amour…

Notre choix : Nous avons remarqué cet album car il porte une certaine désillusion sur le retour de la guerre. Ce retour représentait pour la grande majorité des combattants le but à atteindre, la récompense pour avoir survécu mais aussi pour avoir accompli son devoir. En quelque sorte la récompense de l'obéissance.


La faute au midi tome 1 ★★★

de Jean-Yves Le Naour

L'histoire vraie de trois innocents sacrifiés par la nation. Le 21 août 1914, les soldats provençaux du XVe corps sont lancés dans la bataille de Lorraine, sans appui d'artillerie. C'est un massacre. 10 000 soldats sont fauchés par les obus et la mitraille avant même de voir un seul casque à pointe. Pour Joffre, généralissime des armées françaises, cette défaite est catastrophique, car elle ruine ses plans. Afin de se dédouaner, il rejette la faute sur les soldats du Midi, à la mauvaise réputation. Humble combattant provençal, Auguste Odde, comme trois autres soldats, participe à cette affreuse bataille. Blessé au bras, il est soupçonné de lâcheté et risque la peine de mort.

Notre choix : L'intérêt de cette bande dessinée réside dans son ambition historique. L'auteur veut par son travail rendre hommage aux soldats du midi et participer activement à leur réhabilitation. Il y réussit parfaitement notamment dans le domaine de l'obéissance. Les languedociens ont obéi aux ordres et ont été bien mal récompensés de leurs efforts et sacrifices.

Si on considère les clichés les plus répandus chez les autres auteurs, Le Naour les évite presque tous et participe même à leur déconstruction . Nous avons pu relever cependant quelques entorses à cette règle…


Mattéo tome 1 - première époque (1914-1915) ★

auteurs : JEAN-PIERRE GIBRAT (SCÉNARIO,DESSIN,COULEURS)
Date de parution : 09 Octobre 2008

En août 1914, quand éclate la guerre, le destin de Mattéo bascule. Fils d'un anarchiste espagnol, disparu à jamais en mer, Mattéo, parce qu'il est étranger, échappe à la mobilisation générale. Première contradiction : alors que son ami Paulin et les garçons de son âge partent à la guerre en braillant, le jeune homme, élevé par sa mère au biberon du pacifisme, ressent confusément la honte de rester à l'arrière, avec les femmes et les vieux. Paradoxe encore, plus insupportable celui-ci, Mattéo côtoie quotidiennement Juliette, quand celle-ci tremble pour Guillaume de Brignac, engagé dans l'aviation. Absurdité toujours : quand, taraudé par le remords de n'être pas au front aux côtés de son ami, et meurtri par la belle indifférence de sa Juliette, Mattéo se décide enfin à rejoindre les tranchées, Paulin, lui, est définitivement renvoyé dans ses foyers.

Notre choix : On trouve un peu tous les poncifs des récits sur la Première Guerre Mondiale (l'enfer du front, la désertion, l'incommunicabilité de ce qu'on a vu, les gueules cassées). Cependant ce héros “Mattéo” subissant les contraintes sociales et historiques de 1914, n'est pas de son époque. il est très contemporain. L'obéissance, le conformisme des personnages de l'histoire sont là pour mettre en valeur le coté rebelle du héros, nous livrant une image romantique de la désobéissance.


Notre Mère La Guerre ★★★

auteurs : Un récit de Kris. Dessin et couleur de Maël

Série de 4 albums : première complainte, deuxième complainte, troisième complainte, Requiem
Date de parution : 2009 à 2012

Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l’Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens. Mais sur ce lieu hors de raison qu’on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l’objet de l’attention de l’état-major. Trois femmes froidement assassinées. Et sur elles, à chaque fois, une lettre mise en évidence. Une lettre d’adieu. Une lettre écrite par leur meurtrier. Une lettre cachetée à la boue de tranchée, sépulture impensable pour celles qui sont le symbole de la sécurité et du réconfort, celles qui sont l’ultime rempart de l’humanité. Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l’enquête. Une étrange enquête. Impensable, même. Car enfin des femmes… c’est impossible. Inimaginable. Tout s’écroulerait. Ou alors, c‘est la guerre elle-même qu’on assassine…

Notre choix : Le thème de l'obéissance es omniprésent dans ce polard … Il y a d'abord la transgression avec ces meurtres de femmes. Les auteurs les situent dans un monde apocalyptique où les tueries de masse s'effectuent dans la légalité et dans l'obéissance. Nous suivons des personnages marqués par des parcours et des origines différentes (officiers, soldats, catholiques, humanistes, femmes, hommes, jeunes, vieux, bourgeois, délinquants…). Le personnage de l'enquêteur doit affronté le décalage entre la réalité de la guerre qu'il découvre et le monde tel qu'il le percevait auparavant. Essayer de comprendre c'est tout remettre en cause dans une quête dangereuse et douloureuse.

Faut-il suivre sa conscience, ses instincts (y compris celui de survie), les attentes des autres, obéir à son devoir ( ce que la société attend de vous) ? Les auteurs nous racontent que ces obéissances ne sont pas toujours compatibles, nous mettant en porte à faux avec notre conscience ou avec nos devoirs.


Les Godillots tome 1 ★★

Dessinateur : MARKO
Scénariste : OLIER

Les Godillots est une série qui nous entraîne dans la Grande Guerre, dans la boue des tranchées et dans l'horreur de la guerre. Mais avec humour. En fait, les Godillots, qui a été imaginée par Marko et Olier (les auteurs de l'Agence Barbare), se rapproche de l'esprit de la série les Tuniques Bleues de Lambil et Cauvin. Avec un souci du réalisme, les deux poilus…pardon…les deux auteurs Marko et Olier nous entraînent dans cette période de l'histoire en suivant cette roulante, en fait ces deux hommes qui sont affectés au ravitaillement. Les deux personnages, Palette le malin et Le Bourhis, le costaud, vont vitre être rejoints par un jeune garçon, un Basque nommé Bixente qui recherche son frère perdu sur le front. Sans oublier Salopiot, le petit singe qui se joint à eux.

Notre choix : Nous avons fait un parallèle avec la série “Les tuniques bleus” de Raoul Cauvin, Willy lambil et Louis Salvérius. “Les Godillots” présentent un intérêt certain sur le plan historique particulièrement sur le plan des rapports humains. La guerre et son cortège d'horreurs et de traumatismes n'est pas au premier plan.


Le roi cassé ★★★

de Nicolas Dumontheuil

Le 11 novembre 1918, trois heures avant que ne sonne le clairon de l’armistice, un homme est tué. Il est le dernier mort de la guerre. Ressuscité par la Faucheuse, Simon Virjusse revient parmi les hommes neuf mois avant son décès. La mort demande entre temps au président français d’arrêter les hostilités jusqu'au jour J car les âmes des poilus, elle n’en a que trop. Quant aux citoyens, guéris de cette «sale guerre», ils veilleront à ce que Virjusse, le héros en suspens, s’engage à mourir symboliquement pour la France le 11 novembre, comme prévu.

Notre choix : Du fantastique très philosophique sans intention historique, et pourtant …. Dumontheuil nous parle des pressions et des influences du groupe sur l'individu et plus spécifiquement du combattant. Quelle est la part du libre arbitre ? Est ce que l'obéissance ne se fait pas au détriment de l'individu ? Ce genre d'œuvre prend le parti de l'humour décalé avec une certaine dose de causticité, mais reste ancré dans la réalité.


La grippe coloniale ★★

HUO_CHAO & APPOLO
tome 1 Le retour d'Ulysse

tome 2 Cyclone la peste

En mars 1919, les derniers soldats de la Grande Guerre rentrent à la Réunion où ils sont accueillis en héros. Mais le retour dans la vieille colonie n'est pas aussi joyeux qu'on peut l'espérer : les soldats ont changé durant la guerre, ils sont infirmes, révoltés, désabusés, et portent un regard amer sur une île qui a évolué sans eux. Evariste Hoarau et quelques autres démobilisés essaient tant bien que mal de retrouver une place dans une société où les tensions sociales et raciales sont vives, tandis qu'un mal foudroyant frappe la colonie : la grippe espagnole emmenée par le navire des soldats…

Notre choix : Nous avons sélectionné cet album car avec Papeete1914 de Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice et avant Hugo Pratt avec son héros Corto Maltesse, nous voyageons hors de la métropole. La première guerre mondiale était un conflit mondiale. La BD contemporaine à ainsi l'occasion d'évoquer l'universalité des comportements d'obéissance et de désobéissance chez les combattants. Nous avons noté le travail de recherche historique des auteurs et leur souci d'ancrer leur histoire dans la grande Histoire.


14-18 Série ★★★

Le Petit Soldat (Août 1914)

Les Chemins de l'Enfer (septembre 1914)

Le Champ d'Honneur (Janvier 1915)

auteurs : CORBEYRAN / ETIENNE LE ROUX / LOI CHEVALLIER
Date de parution : à partir du 13 Mai 2015

1er août 1914. Louis, Jacques, Maurice, Armand, Denis, Arsène, Pierre et Jules sont mobilisés. Huit amis, âgés d'une trentaine d'années, issus de la même petite ville et affectés dans le même régiment d'infanterie. Ensemble, ils découvrent les premiers combats, les premiers doutes et les premiers ordres absurdes, point de départ de quatre longues années dont certains reviendront, d'autres non.

Notre choix : On voit évoluer cette bande de copains avec des profils et personnalités différentes. On découvre la France an 1914, bien loin de soupçonner qu'elle va entrer dans une guerre de 4 ans et aussi bien entendu la réalité de cette guerre. L'arrière avec notamment les épouses sont aussi largement évoqués. Cette histoire met en scène des combattants qui sont pères, époux, croyants, politiques, artistes, pauvres ou riches.

En découvrant cette série nous avons pensé au film “Voyage au bout de l'enfer” qui raconte l'amitié de trois ouvriers partis combattre au Viêt Nam qui, pour certains, resteront marqués par des séquelles physiques ou psychologiques. Premier film américain traitant de la guerre du Viêt Nam, du traumatisme et de ses impacts psychologiques.


Papeete 1914 - Bleu Horizon ★

de Christian De Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice

Un policier français est envoyé sur l'île de Tahiti afin de résoudre une vieille affaire de meurtre. Sous le soleil, l'esprit s'endort, le corps s'engourdit. La guerre ne semble qu'une lointaine rumeur. Elle est pourtant proche, bien plus proche que les habitants ne le pensent. Quand un crime est commis sur l'île, il ne fait plus aucun doute que rien ne sera plus jamais comme avant.

Notre choix : Avec la Grippe coloniale cette œuvre évoque la société coloniale avec ses valeurs héritées du XIX siècle qui s'appuie sur un ordre et une organisation figée où toute évolution ou toute transgression est perçue comme dangereuse.


L'ambulance 13 tome 1&2 - croix de sang & au nom des hommes ★

ALAIN MOUNIER/ PATRICK COTHIAS/ PATRICE ORDAS

Date de parution : 25 Avril 2012

Il s'appelle Louis-Charles Bouteloup. Fraîchement diplômé de la Faculté de Médecine, il se retrouve en première ligne, à Fleury, en décembre 1915. Il commande une ambulance hippomobile, surnommée l'As de Pique parce qu'elle est connue aussi bien pour le courage de ses infirmiers, que pour leur manque de soumission au Règlement. Bouteloup est un nom qui compte en politique, car le baron Horace, père de Louis, est député, lieutenant-colonel et proche du général Pétain. Cette relation privilégiée, loin de le protéger, fera du jeune officier une cible désignée pour les ennemis de l'élu, entre autres le redoutable Georges Clemenceau. Néanmoins, Louis accomplira la tâche épouvantable que la guerre lui impose, en essayant de préserver un humanisme auquel il est attaché jusqu'à la rébellion.

Notre choix : Une oeuvre romancée ou les auteurs utilisent un ressort dramatique sur le thème de l'obéissance. Les personnages principaux doivent ils obéir ou suivre leur conscience ? Sur cette opposition l'intrigue se développe avec des codes cousus de fil blancs mais qui ont fait leurs preuves


La tranchée tome 1 - sauveur ★★★

Auteurs : VIRGINIE CADY (SCÉNARIO) / ÉRIC ADAM (SCÉNARIO) / CHRISTOPHE MARCHETTI (DESSIN,COULEURS)

Date de parution : 15 Février 2006

1917, sur la ligne de front franco-allemande : les tranchées… L'offensive débute, les bombes pleuvent sur les tranchées. Porteur d'un message pour l'État-major, Sauveur est contraint de se réfugier dans un abri de fortune. Le spectacle qui l'attend est surprenant. Un groupe d'hommes s'est massé autour d'un cadavre. Un soldat gît dans la boue, un poignard planté dans le dos. Son instinct de policier resurgit aussitôt !

Sauveur s'accroche à ce crime comme un noyé à une bouée, se lançant dans une enquête frénétique. Avec le fol espoir d'oublier l'horreur qui l'entoure, il se jette à corps perdu dans le défi qu'il s'est lancé. Sans relâche, Sauveur traque une vérité qui semble déjà n'intéresser plus personne.

Notre choix : Les récits de BD n'abordent pas beaucoup cette face cachée des délits de droit commun dans les tranchées. Cette violence vécue au quotidien dans les combats ne peut que rejaillir dans les rapports entre les soldats surtout si l'institution militaire n'est pas à la hauteur. Pour ces raisons nous avons donc sélectionné cet ouvrage dans notre bédéthèque.


La grande guerre de Charlie ★★★

de Pat Mills (scénariste) et Joe Colquhoun

Charlie est au bas de l'échelle. Il n'est pas particulièrement fort ou intelligent. C'est un tommy ordinaire. C'est ce que nous dit Pat Mills dans l'introduction du volume un de “la Grande Guerre de Charlie”. C'est donc l'histoire d'un p'tit gars qui, après un sévère dressage à coups de trique, est expédié au feu pour détruire les types d'en face, qui ne sont, en fait, que des bêtes féroces, immondes et cruelles, et Charlie y va de bon coeur ! On lui a bourré le mou, et ça marche. Les Huns sont des barbares qu'il faut rayer de la carte d'état-major de messieurs les officiers. […] Et c'était donc des Charlie par milliers qui allaient joliment donner leur peau pour la gloire de Dieu, de l'Empire et de sa gracieuse majesté le roi d'Angleterre !… […] Le dessin de Joe Colquhoun nous raconte tout ça. La guerre d'en bas, celle des pauvres, celle qui me va droit au coeur. “ Préface de Jacques Tardi.

Cette série Charley's War est parue en Grande Bretagne de 1979 à 1986. Pat Mills à travers l'histoire très documentée de ce sympathique tommy

Charley, nous montre une guerre des classes, une guerre contre les pauvres. Il affirme que cette guerre des tranchées est toujours d'actualité. Il remarque ainsi que notre société à marginalisé la Première Guerre Mondiale en reconnaissant que c'était une mauvaise guerre, d'un genre qui ne se reproduira plus. Il s'attache à montrer le vrai visage de la guerre pour éviter à ses jeunes lecteurs toute forme d'attrait pour la violence et le militarisme. Pat Mills signalait dans un interview qu'on estimait que durant la première guerre mondiale, le conflit a fait gagné 16 milliard de dollars de l'époque aux sociétés américaines, qui ont profité à 21000 milliardaires et millionnaires. Pour mettre ces chiffres en perspective, 60 000 tommies ont été tués ou blessés lors de la première journée de la bataille de la Somme.

Concernant l'obéissance le cas de l'armée britannique doit être relevé. Il est difficilement compréhensible que la Grande Bretagne, non concernée sur son île, ait pu attendre mai 1916 pour imposer la conscription alors de que de 1914 à cette date elle a alimenté une armée en expansion constante par des engagements volontaires. Par quels moyens la Grande Bretagne, alors que n’existait aucune contrainte légale, a-t-elle pu mettre sur pied cette « Kitchener Army » qui est venue se battre et mourir en France sur les champs de bataille de la Somme ? C’est une vraie question posée encore aujourd’hui aux historiens. En cela le travail de Pat Mills est unique dans la BD, il donne quelques éléments de réponses.

Notre choix : Bien que l'auteur soit décédé et que son œuvre date du début des années 1980, ses albums se vendent aujourd'hui très bien avec des ré éditions récentes. Une lecture à deux niveaux. Des histoires très bien dessinées et documentées, qui répondent aux codes classiques des aventures jeunesses. Mais aussi une présentation sans concession d'une société hiérarchisée, où les petits sont bien souvent mis à contribution et sacrifiés au nom de l'intérêt général.


L'homme de l'année tome 1 - 1917, le soldat inconnu ★★★

Auteurs : FRED BLANCHARD (DESSIN) / JEAN-PIERRE PÉCAU (SCÉNARIO) / FRED DUVAL (SCÉNARIO)

Date de parution : 16 Janvier 2013

« L’homme de l’année » est une série du label série B de Delcourt. A travers 7 tomes, l’éditeur nous propose de revivre l’histoire d’anonymes pendant des périodes clefs de notre histoire. Inconnus de tous, ces hommes ont marqué la mémoire collective. Dans ce premier tome, on suit l’histoire de Boubacar, un ivoirien travaillant dans une cacaoyère appartenant à la famille de Joseph, un colon blanc. Enrôlés tous les deux dans l’armée coloniale, ils rejoignent l’Europe. Une réelle amitié naît alors entre les deux hommes. La Grande Guerre brise la vie de deux hommes que tout séparait, pourtant à jamais liés dans l'enfer des tranchées, Boubacar N'Doré et Joseph, son maître dans les plantations de Côte d'Ivoire. Le premier y laissera la vie et le second ne trouvera le repos avant d'honorer une dernière fois son camarade. En 1920, l'occasion s'offre à lui, suite à la décision d'inhumer un déshérité de la mort sous l'Arc de triomphe…

Notre choix : L'obéissance et l'adhésion de ces africains tirailleurs sénégalais pour la cause française prend son origine dans la contrainte mais les scénaristes nous montrent d'autres ressorts qui lient et attachent ces hommes à la France, notamment leur volonté d'émancipation. Nous avons beaucoup aimé l'idée que le soldat de la publicité Banania puisse être le soldat inconnu, les auteurs associant ainsi l'obéissance, le conformisme nationaliste au conformisme consumériste.


Putain de guerre ★★★

intégrale

Auteurs : Jacques Tardi

Date de parution : 29 janvier 2014

15 ans aprés son album “C'était la guerre des tranchées” Jacques Tardi épaulé par l'historien Jean-Pierre Verney, nous raconte dans “Putain de guerre” l'évolution du conflit année par année. Hanté par la même interro­gation – comment des millions d'hommes ont-ils vécu cet enfer ? –, le dessinateur prolonge, creuse, approfondit sa quête. Son héros (malgré lui) est un bidasse parisien, « ou­vrier tourneur en métaux de la rue des Panoyaux », qui monologue et que Tardi accompagne dans un voyage au bout d'une nuit interminable. En trois dessins panoramiques par page, il cadre l'horreur au plus près des terreurs individuelles et des carnages collectifs, plongeant dans l'absurde et l'ignominieux quotidien, avec une puissance évocatrice hors du commun : personne mieux que lui n'a su montrer la « boucherie » que provoque l'explosion d'un obus dans les tranchées…

Le personnage central est de fiction, mais il est enserré dans un réseau si dense de détails, d'anecdotes et de faits vrais que ce livre devient, au fil des pages, un authentique livre d'histoire. Et aussi un beau mémorial où bouillonnent, étroitement ­imbriquées, la révolte impuissante d'un modeste tourneur parisien et l'indignation inextinguible de son créateur, plus inspiré que jamais.

Notre choix : Nous avons choisi cet album qui montre l'évolution des hommes tout au long de la guerre. Devant les atrocités le rapport à l'obéissance, au devoir, aux valeurs patriotiques devient absurde et de de fait complètement dépassé. c'est le but poursuivi par l'auteur, “Dénoncer la guerre”. Tardi n'hésite pas à mettre en perspective des scènes en couleur des premiers jours de la guerre en face de scènes grises et désolantes des années suivantes. il souligne ainsi le non sens et l'impasse que constitue la guerre de 14-18. Jacques Tardi est emblématique de ces auteurs qui “militent” pour montrer le vrai visage des guerres, décodant et dénonçant les écarts entre les discours et les faits.

Néanmoins Tardi dans ses interviews admet ne pas avoir compris comment des hommes ont pu supporter et accepter de telles conditions de vie. La contrainte, l'ignorance peuvent-elles expliquer ces formes de résignation que nous décrit “Putain de guerre” ? Le livre n'aborde pas cette question. Pourtant à travers son travail historique et ses choix de mise en scène, Tardi nous donne à son insu peut-être, quelques éléments de réponses qui vont influencer le lecteur dans sa perception de l'obéissance en 1914. C'était notre angle de lecture pour ce récit “Putain de guerre”.


La Mort blanche - Chronique de la der des ders ★★

Scénariste : MORRISON Robbie
Dessinateur : ADLARD Charlie

Date de parution : 07/05/2014

Dans les montagnes italiennes, soldats italiens et allemands se déchirent. Parmi eux, un soldat issue d'une province italienne annexée qui fut intégré de force dans l'armée allemande et, une fois prisonnier, dut rejoindre l'armée italienne. Ce livre évoque les relations avec les prostituées de l'arrière, l'inhumanité des officiers, la folie de la guerre qui tente de “domestiquer” la nature en provoquant des avalanches pour décimer l'ennemi.

Notre choix : Notre attention s'est portée sur ce livre pour sa qualité mais aussi parce que nous avons relevé le comportement des deux personnage principaux, le lieutenant et le caporal . Deux façons bien différentes d'aborder sa condition de combattant, d'obéir et de désobéir. Des choix qui s'éloignent souvent de la morale.


Des lignes du front ★★

Auteurs : de David Möhring et Philip Rieseberg

Date de parution : juin 2012

On suit un jeune soldat allemand qui, au cours d’une offensive deviendra fou jusqu’à ce qu’il retrouve son enfant. Ce récit, muet est illustré par le texte d’une lettre d’un soldat français à son fils depuis sa tranchée. En face, l'allemand, l'ennemi. Philip Rieseberg et David Möhring – tous deux allemands – ont illustré les lettres envoyées par les Poilus par des images montrant les « boches », en face. Textes et images s'emmêlent, pour nous livrer une vision bilatérale d'une guerre absurde, cruelle, sanglante. On en vient à ne plus distinguer l'ami de l'ennemi, et ce parallèle du texte (en français et en allemand) avec les illustrations fait écho à cette question que pose l'un des soldats : qui est-il, l'autre, en face ? Est-il un homme comme moi ?Un livre bilingue franco-allemand. Voir l'émission sur ARTE-Metropolis / Die Sendung von ARTE-Metropolis schauen

Notre choix : Nous avons retenu ce livre car il pose la question “qui est l'autre celui en face” ? Cette question est subversive. Elle s'oppose au concept d'obéissance. “Humaniser son adversaire” cohabiter très mal avec “lui faire la guerre”.


La guerre des lulus tome 2 - Hans 1915 ★★

Auteurs : Régis Hautière (Scénario) / Hardoc (Dessin, Couleurs) / David François (Couleurs)

Date de parution : 08 Janvier 2014

Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig : quatre des pensionnaires de l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt en Picardie, et que tout le monde, par commodité, surnomme les Lulus. Leur univers a volé en éclats au cours de l’été 1914. Totalement isolés à l’arrière des lignes allemandes lors du déclenchement de la guerre, ces quatre inséparables bientôt rejoints par une autre réfugiée, Luce, 13 ans, ont dû en urgence apprendre à survivre dans un environnement soudain devenu très hostile. Réfugiés dans une cabane en forêt, les Lulus doivent en outre gérer l’inconnue que représente l’unique adulte de leur petit groupe : Hans, un soldat allemand devenu leur prisonnier. Contre toute attente, celui-ci s’avère un compagnon conciliant, trop heureux d’échapper au conflit et à ses combats sanglants. Une sorte de paisible bonheur sylvestre finit même par prévaloir au fil des mois, tandis que la guerre s’enracine dans l’année 1915. Mais combien de temps une telle parenthèse peut-elle se perpétuer, alors que l’horreur rôde si près d’eux, en lisière de leur petit monde miraculeusement préservé ?

Notre choix : Nous avons retenu ce livre qui met en scène des enfants d'un orphelina abandonné et un déserteur allemand. Rencontre improbable d'individus en marge de leurs congénères pendant la grande guerre. Un des rares albums qui aborde l'enfance en 1914. Ces personnages sont des marginaux de part leur situation. Ils ne sont pas dans la norme, désobéissance subie ou choisie, la trame scénaristique repose sur ce point, vont-ils pouvoir vivre ou survivre en marge de cette guerre et de leurs contemporains.


Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh - La ligne de front ★★★

Auteurs : Manu Larcenet , La mise en couleurs est réalisée par Patrice Larcenet.

Date de parution : 2004

Que de mauvaises nouvelles pour le Président du conseil! Les Allemands attaquent de toutes parts, mettant à mal les soldats français déjà sur le front. Qui plus est, ça risque de chauffer pour ses fesses! Ne comprenant pas pourquoi ses hommes rechignent tant à aller combattre l'ennemi et par la même occasion défendre l'honneur de sa patrie (et/ou mourir si cela se passait mal), il décide d'envoyer quelqu'un en première ligne.

Trop peu pour lui ce genre de mission! Et qui mieux placer pour dépeindre ce qui se passe là-bas qu'un artiste-peintre? En voilà une bonne idée! Ça tombe bien, Vincent van Gogh n'a pas son pareil pour faire de jolis tableaux (de nature morte essentiellement). Mis au pied du mur, Caporal van Gogh n'a pas le choix, c'est cela ou le peloton d'exécution… Ainsi, pinceaux et tubes de peinture dans le sac et flanqué d'un bon à rien de général, le peintre s'en va au front… dans l'espoir d'y revenir vivant…

Notre choix : Manu Larcenet met en scène un personnage connu et le plante dans un milieu qui lui est inconnu. Ici, il envoie Vincent van Gogh en première ligne. Le parti pris de l'auteur de traiter l'absurde par l'absurde, a retenu toute notre attention. Ce Président du conseil qui voulait avoir une idée bien nette de ce que vivent les combattants décide d'envoyer un peintre pour lui rapporter la situation. Cette situation est un prétexte pour Larcenet, il nous montre le vrai visage de la guerre. Son récit présente la contrainte comme moteur essentiel de l'obéissance mais aussi l'ignorance, les préjugés, la culpabilité qu'on inculque aux combattants.


Mauvais genre ★★★★

Auteurs : Chloé Cruchaudet

Date de parution : 18 septembre 2013

Fauve d'Angoulême prix du public Cultura 2014 Paul et Louise s'aiment, Paul et Louise se marient, mais la Première Guerre mondiale éclate et les sépare. Paul, qui veut à tout prix échapper à l'enfer des tranchées, devient déserteur et retrouve Louise à Paris. Il est sain et sauf, mais condamné à rester caché dans une chambre d'hôtel.

Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul imagine alors une solution : changer d'identité. Désormais il se fera appeler Suzanne. Entre confusion des genres et traumatismes de guerre, le couple va alors connaître un destin hors norme. Inspiré de faits réels, Mauvais Genre est l'étonnante histoire de Louise et de son mari travesti qui se sont aimés et déchirés dans le Paris des Années folles.

Notre choix : Ce livre était incontournable dans notre sélection. Il met en avant une situation de désobéissance vis à vis de l'institution militaire mais aussi de désobéissance aux normes sociétales. Nous découvrons une vie parisienne pendant la grande guerre bien loin des images habituellement rapportées par les historiens et la littérature.


Un après-midi d'été- Tome 1 ★★★

Auteurs : Bruno Le Floc'h

Date de parution : mai 2006

Assis dans la cuisine, le fameux Nonna, marin pêcheur avant la guerre, rebelle, dynamique, solidaire, taille des petites statuettes. Silencieux, méconnaissable, l’homme ignore la promesse qu’il avait faite à Perdrix : se marier ! Devant ce silence et malgré ses supplications, la belle n’obtiendra pas de réponse… Que reste-t-il alors des marins et grands aventuriers du début du siècle, lorsqu’ils construisaient le phare du port contre les lois naturelles ? Que reste-t-il des hommes et de leurs rêves, perdus au fond de leurs tranchées, dans le froid, sous les ordres de leurs supérieurs ? Beaucoup de silence…

Notre choix : L’auteur met en avant l’indifférence des gradés face au contingent à propos de leurs conditions de vie comme de leur survie. Si l'album porte certains clichés communs à d'autres bandes dessinées il a le mérite de mettre en perspective les états d'âmes et les réactions des combattants devant l'absurdité des ordres qu'ils reçoivent. Contrairement à Tardy ou Larcenet, les personnages de Bruno Le Floc'h détiennent une partie de leur court destin, ils font des choix - adhérer à la guerre ou non, d'interpretter les ordres ou de les exécuter au pied de la lettre, d'obéir ou de désobéir, de tuer ou non…


synthese00.1448922221.txt.gz · Dernière modification: 2015/11/30 23:23 par thierry