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Rien de comparable aux crimes de la Wehrmacht pendant le second conflit mondial, comme le génocide de populations, le pillage et la destruction de régions. Crimes effectués sur ordres.
Cependant beaucoup de soldats et de responsables militaires se sont trouvés devant des cas de conscience ou l’obéissance aux ordres pouvait condamner des vies humaines souvent inutilisement.
Comment expliquer dans ce conflit et dans ceux qui vont suivre, le conformisme de certains militaires qui ne se sont pas opposés à des ordres abusifs. Les travaux de Stanley Milgram, ultérieurs à la guerres de 14-18 ont mis en évidence les principaux déterminants dans ces comportements. Ainsi certains facteurs comme la proximité avec les victimes, le rapport à l’autorité et sa légitimité, les effets de groupe, on comprend mieux aujourd'hui les mécanismes de la soumission et de la capitulation devant l’autorité.
bloc astuce
Un cas de conscience se pose à ce caporal, on lui impose de sacrifier ses hommes pour faire une diversion devant l'ennemi. Il va refuser dans un premier temps pour accepter ensuite. Ici la bande dessinée nous montre des sans grade placés devant des choix, obéir ou refuser des ordres ou pour le moins les contourner. Dans les deux écoles d'historiens qui s'opposent, celle du consentement et celle du CRID 14_18, la première défend la thèse des poilus adhérant en toute conscience à l'effort de défense qu'il leur étaient demandé. Leur argumentation s'appuie en effet sur des exemple de cette nature.
La question des crimes d'obéissance est posée. Peut-on s'absoudre des ordres reçus et les exécuter sans en assumer une part de responsabilité. Ici les auteurs débordent la période de 14-18 pour évoquer les problématiques de la Guerre en général.
Désolé de spoiler l’histoire là aussi mais c’est toujours pour la bonne cause. A la fin du deuxième album de la série, les enfants qui ont vécu de façon isolée commencent à être rattrapés par la guerre. Ils perdent leur ami déserteur allemand abattu par un aviateur français. L’échange entre l'aviateur et un des enfants est rude. L'officier reprend à son compte le discours officiel pour justifier son acte. Il nie toute responsabilité personnelle et ne reconnait pas son geste comme un crime. La guerre d’après lui change les règles et l'exonére entièrement de tout état d'âme. Les auteurs mettent en scène ici un crime d’obéissance. L’enfant qui représente la vérité et l’innocence, exprime sa colère et sa douleur. Il interpelle et accuse l’officier aviateur. En sa qualité d’adulte ce dernier n’accepte pas le dialogue avec un enfant et encore moins sa critique.
Comment expliquer dans ce conflit et dans d’autres qui ont suivi, le conformisme de certains militaires qui ne se sont pas opposés à des ordres abusifs, et ont pu les appliqués à la lettre, sans discernement en s'exonérant de toute responsabilité personnelle.
Ici ce soldat vient de tuer d'une balle dans le dos, un déserteur allemand non armé. Dans son désir de dénoncer la guerre Jacques Tardy ne s'embarrasse pas de subtilité dans les personnalités de ses personnages. Aux esprits libertaires et pacifistes, il oppose des esprits bornés, conformistes et criminels.
“Je n'aime pas ce genre d'hommes, ils cherchent une approbation entière tout en ordonnant …“
En 1914 la suprématie du grade ne suffit plus à certains officiers pour imposer leur autorité. Dans leur façon de commander, ils recherchent l'adhésion de leurs subordonnés pour combler un manque d'assurance. Ici le lieutenant Verbrugge interprète ce comportement comme un défilement de son supérieur par rapport à ses responsabilités. On peut attendre d'un chef des ordres et des consignes précises complètement assumées.
Verbrugge adhère au système qui veut que chacun doit rester à sa place et assurer les fonctions relevant de son niveau hiérarchique. En tant qu'officier subalterne il se considère comme le maillon d'une chaîne qui met en oeuvre la mission, rejettant toute implication dans la décision.
On retrouve ici un exécutant qui revendique son obéissance. Il se retranche derrière l'ordre reçu pour éviter toute remise en cause ou responsabilité dans l'acte accompli. Il s'empresse même d'en attribuer la responsabilité à son chef. L'auteur nous montre une obéissance qui offre le confort de l'esprit et de la conscience.