41 Les officiers avaient le droit de tirer sur leurs hommes qui contrevenaient à leurs ordres pendant la bataille

Nous ne perdons pas de vue que la relation qui s’est instaurée entre les officiers de contact et soldats est une relation essentiellement négociée. Pourtant dans des configurations particulières, à l’intérieur de cette relation hiérarchique complexe et flexible, des gestes de brutalité, de violence ou de « force » ont été pratiqués. En 1914 la société a évolué et l’usage de la force pour faire obéir est de moins en moins moral. Cependant dès les premiers revers de l’armée française au début de la guerre, les consignes du haut commandement encouragent les cadres à user de leurs droits dans certaines conditions pour forcer l’obéissance (préconisations au début de la guerre, lors des premiers revers) . Ces consignes sont rarement écrites et formalisées. Il s’agit le plus souvent de « faire cesser le pillage et la dévastation », « maintenir les hommes au combat » et enfin « la légitime défense de soi même et d’autrui ». En 1871 un décret autorisait les cadres a tuer un hommes qui refuserait d’aller à son poste de combat. Or une telle formulation en 1914 n’est plus possible.

A partir de 1915, la menace revolver au poing est plutôt inefficace, voire dangereuse pour l’officier qui la pratique. Même si il existe un cas réglementaire de recours à la menace. Quand une troupe se débande, les mouvements de panique sont la hantise des officiers. Certains soldats parlent de « furie » et de « démence » pour décrire leurs cadres dans ces situations extrême. Maurice Genevois, dans la description de ses propres gestes lors d’une situation militairement critique s’exprime ainsi : ‘ Une fureur me saisit. Je tire une balle de pistolet en l’air, et je braille – « j’en ai d’autres pour ceux qui se sauvent »