Dès la fin du XIX siècle, on considère que la simple garantie hiérarchique et la présupposée supériorité intellectuelle de l’officier, ne suffisent plus dans l’armée de la république, à placer une troupe en état d’obéissance. Une relation de confiance et de respect, voire d’affection doit dorénavant s’établir en les soldats et leurs chefs. Le chef doit payer de sa personne pour gagner le respect de la troupe. Les officiers sont appelés à connaître leurs hommes. En 1901, le commandant Ebener demandait aux élèves officiers de Saint Cyr de ne pas traiter leurs hommes comme des êtres d’une caste inférieure mais comme un camarade de combat, et de ne pas perdre de vue qu’ils commanderaient à des hommes libres. L’obéissance doit se faire « sans arrière pensée par l’accord de sa conscience et de son libre arbitre, refuge suprême de la liberté ». Par sa revendication des principes démocratiques, l’armée entend ainsi tout à la fois légitimer son autorité au sein de la nation et augmenter la capacité d’obéissance du soldat.