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Date de parution : 25 Avril 2012
Il s'appelle Louis-Charles Bouteloup. Fraîchement diplômé de la Faculté de Médecine, il se retrouve en première ligne, à Fleury, en décembre 1915. Il commande une ambulance hippomobile, surnommée l'As de Pique parce qu'elle est connue aussi bien pour le courage de ses infirmiers, que pour leur manque de soumission au Règlement. Bouteloup est un nom qui compte en politique, car le baron Horace, père de Louis, est député, lieutenant-colonel et proche du général Pétain. Cette relation privilégiée, loin de le protéger, fera du jeune officier une cible désignée pour les ennemis de l'élu, entre autres le redoutable Georges Clemenceau. Néanmoins, Louis accomplira la tâche épouvantable que la guerre lui impose, en essayant de préserver un humanisme auquel il est attaché jusqu'à la rébellion.
Nous avons relevé cette image car elle est révélatrice de l'importance du regard des autres. Ici un jeune médecin prend ses fonction dans un poste, il va rencontrer ses subalternes et s'est fixé comme règle de ne pas montrer sa peur. Dans beaucoup de situation l'individu s'enferme dans un rôle, des postures et des comportements qu'il pense correspondre aux attentes des autres. Il s'agit d'obtenir le respect et la considération que cela soit dans des chefs envers les hommes de troupes comme dans l'autre sens.
Les scénarios utilisent souvent des personnages avec de fortes personnalités qui sont moins sensibles aux regards de leur entourage. C'est pourquoi il était intéressant de noter ici l'attitude de ce jeune officier qui sait que son autorité dépendra de la considération de ses hommes.
Nous sommes ici dans une transgression du règlement. les auteurs nous présente un personnage qui est d'abord efficace et compétent avant d'être respectueux des règles. Les auteurs induisent donc une hiérarchisation des qualités du héros. L'obéissance n'étant pas une qualité de premier ordre. Elle est même souvent associée à des personnages rigides, incompétents, bornés et donc dangereux pour ceux qui dépendent de leurs décisions. La transgression est donc valorisée puisqu'elle est censée servir l'intelligence.
Donc nous voilà avec un héros jeune, beau et intelligent … trop forts ces auteurs
Notre héros montre sa détermination. Il fait preuve d'une initiative hors des usages établis (il était interdit de “prendre langue” avec l'ennemie sous aucun prétexte). Il fait valoir des considérations humanitaires qui le placent bien au-dessus du caporal, simple exécutant qui ne sait qu'appliquer les consignes, celui de résister au combat.
Donc prendre une initiative induit une prise de risque, celui d'être considérer comme un réfractaire. le paradoxe se situe quand l'officier monte le ton pour affirmer son autorité. Le caporal est donc placer devant un choix : soit d'obéir à l'injonction et donc désobéir aux règles, soit de désobéir au lieutenant pour obéir aux usages… Il va donc devoir trouver une stratégie pour sortir de ce piège.