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101. Le poilu était un mouton, sans un chef pour lui montrait l'exemple le soldat était inopérant

L’exemple du chef

La contagion passe par l’exemple du chef, ensemble de conduites se voulant suggestives, entraînant des réflexes de mimétisme et l’affection des subalterne. La réalité des combats montera que cette obéissance ‘affective’, par nature incapable de mobiliser la combativité du soldat isolé, sera relayée en l’absence de chef par la conscience civique et l’auto responsabilité du soldat.

L’impressionnabilité devient l’un des caractères majeurs du citoyen soldat français

Mise en exergue des cas de bravoure. Dans les manuels d’instruction pour gradé, il est rappelé de citer régulièrement des exemples à la troupe sachant que celle-ci n’apporte sa considération qu’à celui qui sait parler aux yeux et frapper l’ imagination. Les militaires de l’époque étaient sensibles aux théories de Gustave Le Bon « Psychologie des foules et obéissance militaire - ou – Quand l’offre correspond à la demande’ » La foule psychologique lesbonienne est une réunion d’individus dotée d’une âme collective, composée des éléments inconscients communs à l’ensemble des individus composant la dire foule. - le sentiment de toute-puissance de l’individu en foule - la contagion - la suggestibilité L’illustration la plus immédiate est celle des grands rassemblements nazi

La suggestibilité est l’aptitude de l’individu en foule à réagir spontanément aux suggestions, c’est à dire obéir aux signaux émis par l’objet de fascination sans participation active de sa volonté. Pour le Bon, il est impératif que le suggestionné attribue du prestige à l’homme l’idée ou la chose à laquelle il va obéir par un mécanisme de contagion. Deux autres procédés viennent en renfort : l’affirmation et la répétition. Pour Le Bon, plus l’affirmation est concise et dépourvue de preuves , plus elle fait autorité. Les mots n’ont pas besoin de sens, ceux qui en sont le plus dépourvus possèdent le plus d’action. L’affirmation n’a d’influence que si elle est répétée dans les mêmes termes, s’incrustant dans l’inconscient pour faire naître obéissance et respect. L’argumentation rationnelle étant, pour Le Bon, inaccessible aux foules, l’on ne peut les animer que par des images saisissantes, bien nettes. Qui connaît l’art d’impressionner l’imagination des foules connaît l’art des les gouverner.

Sentimentaliser la contrainte, établissement d’une discipline fusionnelle

Dès la fin du XIX siècle, on considère que la simple garantie hiérarchique et la présupposée supériorité intellectuelle de l’officier, ne suffisent plus dans l’armée de la république, à placer une troupe en état d’obéissance. Le chef doit se faire accepter et établir une relation de confiance car l« Les hommes aiment qui les aime » (Lyautey) L’attachement au chef est un ressort essentiel de la discipline militaire.

Jeux complexes de regards croisés sur l’individu

Entre 1870-1914 le discours officiel militaire insère progressivement dans la psychologie du citoyen-soldat le poids du regard des autres. Des alter ego soldats, du chef, du regard sur le chef, sur le groupe, des citoyens civils. Le regard des siens et des concitoyens doit maintenir l’individu soldat sous pression et favoriser la consolidation du sentiment de solidarité et du devoir d’obéissance.

theme101.txt · Dernière modification: 2015/04/26 15:02 (modification externe)