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leroicasse

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Le roi cassé

de Nicolas Dumontheuil

Le 11 novembre 1918, trois heures avant que ne sonne le clairon de l’armistice, un homme est tué. Il est le dernier mort de la guerre. Ressuscité par la Faucheuse, Simon Virjusse revient parmi les hommes neuf mois avant son décès. La mort demande entre temps au président français d’arrêter les hostilités jusqu'au jour J car les âmes des poilus, elle n’en a que trop. Quant aux citoyens, guéris de cette «sale guerre», ils veilleront à ce que Virjusse, le héros en suspens, s’engage à mourir symboliquement pour la France le 11 novembre, comme prévu.

Nous avons choisi d'incorporer cet album dans notre corpus d'étude. Du fantastique très philosophique sans intention historique, et pourtant …. Dumontheuil nous parle des pressions et des influences du groupe sur l'individu et plus spécifiquement sur le combattant. Quelle est la part du libre arbitre ?

Dans ce contexte, est ce que l'obéissance ne se fait pas systématiquement au détriment de l'individu ? Ce genre d'œuvre prend le parti de l'humour décalé avec une certaine dose de causticité, mais reste ancré dans la réalité.



page 4

★ Lire Thème 5-1

La désobéissance pendant la première guerre mondiale a relevé du domaine personnel plus que du collectif. C'est du moins la thèse de l'école du CRID 14_18. Nos poilus ont été forcés d’agir, de sortir des tranchées. Mais ces universitaires font aussi écho, à leur corps défendant, à la pensée libérale. L’Etat est présenté comme une machine inhumaine qui envoie à la mort des millions d’hommes. A mort, l’Etat ! Le poilu devient ainsi un individu qui tente d’échapper à la barbarie. Cette école nous le décrit un peu comme un « passager clandestin » de la République. Prêt à bénéficier des avantages du système mais refusant d’en payer la défense.

Ici Dumontheuil débute son histoire en nous présentant son personnage principal comme un troupier de base qui emploie des petites stratégies pour se préserver d'autant plus qu'on est à 2 heures de la fin de la guerre.


page 20

★ Lire Thème 6-2 / ★ Lire Thème 9-1

Le citoyen soldat ne s’appartient pas, il doit tout donner aux autres et à la patrie. Le psychisme du soldat est alors inséré dans un système de valeurs qui lui impose une conduite, un comportement auxquels il ne peut déroger sans culpabiliser ou abandonner de son estime de soi. « Désobéir s’est trahir la patrie , sa famille et ses camarades » Le discours militaire a su insérer dans la psychologie du combattant, le jeu complexe des regards des autres. Celui du chef mais aussi ceux des alter ego-soldats et celui que l’on porte sur soi.

Le soldat Virjusse est ici complètement prisonnier des attentes de sa hiérarchie. Il fait ce que l'on lui demande sans être convaincu, il préfèrerait sans doute ne pas être impliqué, conscient qu'il n'a pas son destin en main.


page 26

★ Lire Thème 6-2 / ★ Lire Thème 9-1

Il y a beaucoup d'humour dans cette scène où le soldat Virjusse est dépassé par la situation, héros malgré lui. Ici c'est la famille, les voisins , l'homme de la rue qui l'adulent. En même temps on trouvera un coté tragique dans la situation de ce soldat. Il ne s'appartient plus, il doit faire face à toutes les attentes de la société, y compris celle de ses proches, il est prisonnier du rôle qui lui a été assigné.

Dumontheuil nous a confirmé ne pas avoir eu d'objectif historique dans cette bande dessinée, pourtant il tape juste sur ce point. Le combattant de 1914 appartenait à une société qui lui donnait un statut avec beaucoup de contraintes.

(voir début de Mattéo, où le héros non encore combattant doit faire face aux reproches à peine déguisés de sa fiancée)


page 59

★ Lire Thème 9-1

Le héros à la page 59 décide enfin de recouvrir son libre arbitre. Il se rebelle mais il est trop tard, il est prisonnier au sens figuré comme au sens propre. Condamné à obéir …

leroicasse.1473625691.txt.gz · Dernière modification: 2016/09/11 22:28 par clemenceau